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« Quand je remplace Gudjohnsen, que je laisse Modesto, Lolo ou Perez, des internationaux, sur le banc, cela devrait donner de la confiance aux jeunes.
Je ne la vois pas. » C’est par cette phrase assassine que Guy Lacombe a conclu son intervention après le match contre Grenoble. Rencontre durant
laquelle l’AS Monaco, avec une équipe extrêmement jeune sur le terrain, a brillé par d’énormes carences, en termes d’envie et de collectif.
Nimani, Gakpé, Mollo, Haruna, NKoulou, Mongongu, Ruffier. Parmi les 14 professionnels qui ont foulé la pelouse du Louis-II contre Grenoble,
exactement la moitié rentre dans le concept de « jeunes » dont parle Guy Lacombe. Certes, on peut mettre à part un Ruffier, qui hormis une ou deux
relances précipitées, n’a rien eu à faire, et un Mongongu, qui a pu passer son temps à compter les spectateurs tant Grenoble était inexistant et
maladroit.
Mais les autres joueurs peuvent très largement se sentir visés par les reproches du patron à moustache. Même Haruna, qui s’est pourtant largement
battu lors de son entrée. Il n’a concrètement pas apporté grand chose, hormis un décalage involontaire (il cherchait à se mettre en position pour
frapper) pour Coutadeur, dont la frappe sera la seule occasion de but de la seconde période. Quant aux autres, difficile d'en choisir un pour sortir
la tête de l'eau d'un autre.
Malheureusement, le non-match de l’ASM ce soir vient en grande partie de là, de la grande suffisance de ces jeunes, et de leur incapacité à respecter
un adversaire. Car se défoncer quand c’est Marseille ou Bordeaux est une chose, mais se gratter le nez parce que c’est Grenoble en face, c’est une
insulte envers l’adversaire, envers les supporters qui payent leur place, envers le club qui allonge le salaire en fin de mois.
Et le coup de gueule de Guy Lacombe n’a rien d’une lubie. Les faits sont là, et si les causes sont multiples, les conséquences pourraient être assez
dramatiques pour l’avenir professionnel de ces « jeunes ».
Quand on voit un NKoulou, d’habitude propre, se mettre tout seul en difficulté à vouloir jouer trop « facile », on peut se poser des questions.
Titulaire l’an passé, de façon presque indiscutable, il se retrouve relégué loin dans la hiérarchie à son poste de prédilection, et en très forte
concurrence au milieu de terrain. Malgré des performances intéressantes, sa nonchalance par moment, et son manque grave de densité physique risquent
de l'y pénaliser.
Quand on voit un Mollo chambrer un adversaire, pour ensuite rater une passe à deux mètres, on peut s'interroger fortement. Est-ce que Mollo est
mentalement équipé pour le combat du haut niveau ? Car en dehors de ses performances idiotes dans la presse, la saison de Yohan Mollo est pour
l’instant un néant assez pauvre, alors que toutes les conditions sont réunies pour qu’il réussisse. Il est le remplaçant attitré d’Alonso et Nenê,
deux joueurs régulièrement blessés ou suspendus.
Quand on voit un Nimani ou un Gakpé incapable de faire un appel de balle dans le sens du jeu, on peut avoir de grandes interrogations. Ces deux
produits du centre de formation suivent des trajectoires assez similaires. Des débuts fracassants, puis une chute sans fin vers le néant, tous deux
incapables de franchir le palier, de rendre à leur entraîneur la confiance affichée par leur présence sur le terrain. A ce titre, ils risquent de vite
disparaître, suivant la trajectoire d’ainés pas forcements illustres. Les Maurice-Belay, Gigliotti ou autre Grax avaient un avenir prometteur, ils ont
maintenant un présent loin du très haut niveau.
Guy Lacombe semble légitimement se poser tout un tas de questions quand à l’éclosion de ces jeunes. A qui la faute ? Que faire pour remédier à ce
genre de situation qui perdure pourtant depuis plusieurs saisons à l’ombre du Rocher ?
L'entraîneur a probablement sa part de responsabilité. Alonso, le capitaine, ainsi que les autres joueurs expérimentés ont la leur également. Ces
jeunes ont manqué d’encadrement, de remise en cause, d’humilité à l’heure de jouer contre le dernier du classement. Mais ce problème ne date pas du
match contre Grenoble. Le laxisme de Ricardo est aussi une des données du problème, la base de ces sales habitudes contres lesquelles Lacombe va
devoir mener un combat de tous les instants.
Mais le système est avant tout le premier responsable. Ce système qui offre des sommes astronomiques à des jeunes joueurs ayant encore tout à prouver.
Ce monde du foot qui met en première page des minots, et qui gonfle leur esprit de valeurs puantes, ces mêmes valeurs nombrilistes qui transpirent
dans les dernières interviews de Yohan Mollo ou dans le comportement d'un Juan Pablo Pino.
Mais surtout, à cause de cela, les jeunes joueurs de notre effectif donnent l’impression que leur présence sur le terrain le week-end leur est due,
que c’est normal qu’ils soient là. Tout le monde en a fait des stars, oubliant ainsi que ce n’est pas une photo en couverture de Diagonale qui fait
d’un joueur un titulaire, mais la sueur et le sang versé chaque jour un peu plus à l’entraînement…
Gageons que Guy Lacombe saura leur rappeler ces principes de base, avant que nos jeunes premiers ne viennent grossir la liste de ces sportifs trop tôt
montés, et bien vite déchus… |