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Cette semaine, le roi du passement de jambe monégasque s’est encore répandu dans la presse comme il sait si bien le faire. Alors que son retour face à
Lens a été largement commenté comme un signe encourageant, il a tout foutu en l’air avec des déclarations navrantes… encore.
« Il faut se regarder dans la glace et se demander si je suis capable d'y participer (à la Ligue des Champions) à l'heure actuelle. »
Voilà le genre de déclaration qui dénote dans une interview pour le reste hyper consensuelle. Dès que les questions sont orientées sur l’AS Monaco et
le collectif, Yohan Mollo enchaine les phrases formatées et préfabriquées, telles que « Faut qu’on continue comme cela », « Il faut rentrer sur le
terrain avec de la détermination et de l'envie » ou « On a un bon groupe ». De plus, il reste évasif dès qu’il s’agit de ce que pense son entraineur
de ses performances « Je ne parle pas trop de cela. Je n'ai pas vraiment besoin de polémiquer sur ce que j'ai fait. ». Comme s’il y avait quelque
chose à cacher, ou un thème à éluder pour éviter de trop en dire.
Par contre, dès que le sujet arrive sur sa petite personne, sur ses ambitions, son avenir, on sort très souvent des sentiers battus pour arriver sur
un vrai cas d’école, un stéréotype de cette génération de joueur qui n’a de respect que pour leur paire de crampons, et qui, bien que n’ayant encore
rien prouvé, est persuadé que le football n’attendait qu’eux.
La déclaration d’ouverture concernant son interrogation quand à une hypothétique future participation à la ligue des champions fait froid dans le dos.
Comment quelqu’un qui n’est même pas titulaire dans un club abonné au ventre du mou du classement de Ligue 1 peut il se demander s’il a le niveau pour
jouer en ligue des champions ? On pourrait parler ici d’ambition, si le bonhomme n’était pas clairement en train d’oublier toutes les étapes qu’il
doit franchir avant d’égaler son idole, le frétillant Cristiano Ronaldo.
Et cela se vérifie tout au long de ses réponses. « Je sais cependant que j'ai le potentiel et le jeu pour m'incorporer dans cette équipe. » Cela
montre là encore son ambition, mais aussi son manque de discernement : s’il est dans la situation qui est la sienne actuellement, c’est de part son
manque d’intelligence cet été, où le fait d’aller pleurer sur RMC n’a fait que lui attirer les foudres de son entraineur et du reste du groupe.
Mais surtout, cela montre que Yohan Mollo oublie complètement qu’au poste qui est le sien, il y a des joueurs tels que Nené (meilleur buteur du
championnat), Alonso (capitaine, et parmi les meilleurs passeurs du championnat), voire Coutadeur, en cas où les passements de jambes pourraient être
effectués dans l’axe. Soit des éléments prépondérants aux succès monégasques actuels. Et pour prétendre s’incorporer dans cette équipe, il va falloir
que Yohan Mollo soit meilleur que ces joueurs là. Et être meilleur que ces joueurs là ne signifie pas faire le plus de gris-gris à l’entrainement.
C’est par les performances et l’état d’esprit que cela passera.
Si tout le monde est convaincu qu’il a le potentiel pour le faire, il faut aussi qu’il comprenne qu’un potentiel, c’est quelque chose qui doit
s’exprimer, notamment à force de travail, et pas une clé magique permettant d’enfoncer les portes ouvertes.
Et au sortir de ce genre d’interview, on a le sentiment qu’une grande remise en question est nécessaire à Yohan Mollo avant de pouvoir prétendre
titiller Nené ou Alonso.
Malheureusement, il n’est probablement pas équipé ce genre de remise en question. La position qu’il défend est incongrue, et afin de se donner de la
consistance, il ment, notamment à lui-même.
S’il joue mal, ce n’est pas qu’il ne travaille pas assez, oh non ! Selon lui, c’est parce qu’il n’est pas bien dans sa tête, faute à un club qui
refuse de lui faire signer son premier contrat pro. Sauf que le club lui a proposé un contrat, équivalent à celui de Mongongu (qui lui est titulaire
indiscutable, là où Mollo est un indiscutable remplaçant), contrat que Mollo a refusé, car il ne faisait pas assez ressortir tout « l’amour » que
l’ASM devrait lui donner.
Et au nom de quoi ? Au nom d’une demi-saison où Yohan fut titulaire, surnageant au milieu d’une tripotée de joueurs soit blessés (Alonso), soit
médiocre (Leko), soit les deux (Meriem). Aucun fait de gloire donc, mais cela semble suffisant à l’égo de Yohan pour se prendre pour le premier
Cristiano Ronaldo venu, et demander des émoluments qui vont avec.
Manque d’humilité ? Manque d’intelligence ? Agent de mauvais conseil ? Difficile de savoir d’où vient le problème, mais il est profond, puisque Mollo
n’en démord pas, il est persuadé n’avoir « rien à envier à ces joueurs » (Alonso et Nené), et sûr de son bon droit, est prêt à « voir au mercato » si
l’argent à meilleure odeur ailleurs.
Statut quo donc. Si l’ASM n’a pas fait resigner son plus grand potentiel, c’est parce que ce dernier n’a toujours pas compris quelles sont les
valeurs qui feront de lui un vrai professionnel : humilité, et travail.
Yohan Mollo, au lieu de tenter les passements de jambes de Cristiano Ronaldo, ferait bien d’imiter une autre facette de son idole : le ballon d’or
2008, s’il a un talent immense, est aussi un joueur réputé pour son acharnement à l’entrainement, et c’est ce travail couplé à l’application des
conseils de son entraineur, Sir Alex Ferguson, qui ont fait de lui la star qu’il est. Rien n’est tombé du ciel. N’en déplaise à notre imitateur en
diagonale ... |